sirène / 2014 / tissus lycra, metal vidéoprojecteur / 450 X 250 X 157 cm / video
vert galant 1,2,3 & 4 / 2014 / impressions jet d'encre, agglo., plexiglas, leds / 44 X 44 X 15 cm (chacun)
anima / 2014 / techniques mixtes, matières plastiques diverses, motorisation / 190 X 120 X 60 cm / video
the Peak Oil painting / 2013 / peinture acrylique, bois, fibre de verre, sonorisation, lumières d'ambiance / 430 X 305 X 190 cm / video
gravières / 2014 / goudron sur voilages polyester / 250 X 280 cm (chacune)
arpenteur / 2014 / film étirable, goudron, jalon, peinture acrylique, motorisation / 206 X 82 X 70 cm / video
petite hitoire / 2014 / texte, cadre / 22 X 30 cm

Le spectacle qu’offre un paysage - de surcroît montagneux - se savoure
de par la qualité de son point de vue, sommet propice à la contemplation
de reliefs harmonieux...

Et bien il va falloir revoir tout ça.

Il est des observatoires privilégiés, généralement élevés et dégagés,
le pic en serait la quintessence car il offre un panorama total :
360° d’horizon offert au regard. De même, la qualité attendue d’un paysage
réside aussi de l’équilibre entre le spectacle du soulèvement tectonique
et le travail de l’érosion.
Le mouvement erectile portant sa propre finitude nous offre le spectacle
d’une parfaite cohérence de la nature ...

Cependant, il faudra bien admettre qu’il en est fini du temps de l’innocence et
de la pureté.
L’iconographie nous fournit pourtant toujours les mêmes superbes panoramas
qu’auparavant. « Monts près de Fukushima », « le pic Eiffel émergeant de la
brume parisienne un beau matin de mars 2014
 » … les yeux nous en picquent
encore d’émotion.
Du côté de la géophysique, le terme de montagne se comprend comme relief
énergique, au sens gravitaire ; le dénivelé résultant de l’action conjuguée
de l’altitude et de l’énergie. Elles seraient ainsi abscisse et ordonnée
d’une courbe-dénivelé formant montagne.
Chez les économistes, enfin, le pic désigne le moment où la production mondiale
d'une ressource non renouvelable est à son sommet, à partir duquel elle baisse
de façon irréversible jusqu’à épuisement. Ces graphiques en forme de cloches
sont aussi des courbes bien connues en calcul de probabilité (loi normale).
Peak oil, peak gas, peak water … peak all !

Nous y sommes.
Alors, la contradiction et le doute agitent nos consciences plus ou moins passives,
asservies au bon vouloir de nos besoins et désirs. Le pic révèle ce moment critique
de la prise de conscience que le mouvement en cours s’infléchit.
L’expiration annoncée dans l’inspiration.
Il est ce sommet, lieu privilégié des points de vues, des calculs, des constats,
des signes précurseurs, des annonces et des alertes … alors, des brumes de la
conscience peuvent surgir les visions, les prédictions, les prédications,
les peurs primitives, les catharsis expiatoires …

… « the Peak ».

jérôme clermont, Paris, Août 2014.


quatre espaces successifs
7 pièces y sont présentées.
Chacune y développe sa propre version de cet infléchissement.

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